Le cholestérol dans les membranes : on en sait beaucoup… mais pas encore assez sur leur mécanique !Dans une collaboration entre l’Université de Bordeaux (CRPP) et l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf, une équipe menée par Laura Alvarez et Ivo Buttinoni a étudié comment le cholestérol modifie la structure et les propriétés mécaniques de couches de lipides similaires à celles présentes dans les surfactants pulmonaires.
Ces interfaces sont principalement composées ici de DPPC, un phospholipide majeur des surfactants pulmonaires. Lorsqu’une couche de DPPC est comprimée, les lipides passent d’un état désordonné et fluide à un état plus condensé et organisé. Mais l’ajout de cholestérol change fortement ce comportement : les domaines condensés deviennent plus allongés et finissent par former un réseau interconnecté, tandis que la viscosité de l’interface diminue fortement.
En combinant microscopie de fluorescence, compression de Langmuir et rhéologie interfaciale, les chercheurs montrent ainsi que le cholestérol ne se contente pas de fluidifier l’interface : il modifie aussi son organisation à l’échelle microscopique. Cette réorganisation réduit fortement la dissipation visqueuse et conduit à une réponse relativement plus élastique.
Ce travail établit ainsi un lien direct entre composition lipidique, organisation des domaines et mécanique interfaciale, et aide à mieux comprendre comment la composition des membranes contrôle leur réponse aux contraintes. Une belle connexion entre matière molle, physique des interfaces et membranes biomimétiques !
Contact:
Tel: 05 56 84 30 27
